Olympe de Gouges i la Declaració dels Drets de la Dona i de la Ciutadana

Marie Gouze (Montauban, 7 de maig de 1748 – París, 3 de novembre de 1793), més coneguda com Olympe de Gouges, va ser una discreta escriptora francesa, que destacaria per ser l’autora, l’any 1791, de la Declaració dels Drets de la Dona i de la Ciutadana.

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Nascuda a Montauban, en una família humil, de pare carnisser i mare rentadora, es casaria molt jove i quedaria vídua en poc temps amb un fill al seu càrrec. El 1788 es traslladaria al París pre-revolucionari on es canviaria el nom i emprendria una discreta carrera literària redactant obres de teatre, tot i l’escassa educació que havia rebut. Amb els diners que guanyava, gairebé no podia ni tan sols mantenir-se.

El 1789 s’abocaria a la Revolució francesa defensant una monarquia moderada. Va ser en aquest període quan va escriure un gran nombre d’articles, manifestos i discursos (uns trenta en total). El seu pensament, propi de la Il·lustració, ja havia quedat reflexat abans en algunes de les seves obres de teatre com L’esclavitud dels negres on criticava amb duresa l’esclavitud. Dels revolucionaris, n’admirava personatges com Mirabeau i La Fayette.

El 1791 va escriure la seva famosa Declaració dels Drets de la Dona i la Ciutadana com a reacció a la Declaració dels Drets de l’Home i del Ciutadà que només reconeixia la condició de ciutadania als homes i deixava les dones en una manifesta situació d’inferioritat.

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Seguint la línia de Montesquieu, defensaria la separació de poders sense contradir-se amb el fet que el 1793 iniciés la defensa de Lluís XVI i s’oposés a la política de Robespierre i Marat. Per les seves idees polítiques seria guillotinada el 3 de novembre de 1793, acusada de ser l’autora d’un cartell de propaganda girondina.

DECLARATION DES DROITS DE LA FEMME ET DE LA CITOYENNE

PREAMBULE

Les mères, les filles, les surs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en Assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des bonnes murs, et au bonheur de tous.

En conséquence, le sexe supérieur, en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Etre suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne.

Article premier. La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de la Femme et de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l’oppression.

Article 3. Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n’est que la réunion de la Femme et de l’Homme: nul corps, nul individu, ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Article 4. La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui; ainsi l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

Article 5. Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société; tout ce qui n’est pas défendu pas ces lois, sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elles n’ordonnent pas.

Article 6. La loi doit être l’expression de la volonté générale; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation; elle doit être la même pour tous : toutes les Citoyennes et tous les Citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Article 7. Nulle femme n’est exceptée; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la loi: les femmes obéissent comme les hommes à cette loi rigoureuse.

Article 8. La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.

Article 9. Toute femme étant déclarée coupable; toute rigueur est exercée par la Loi.

Article 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le droit de monter sur l’échafaud; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la loi.

Article 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute Citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d’un enfant qui vous appartient, sans qu’un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Article 12. La garantie des droits de la femme et de la Citoyenne nécessite une utilité majeure; cette garantie doit être instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de celles à qui elle est confiée.

Article 13. Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, les contributions de la femme et de l’homme sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l’industrie.

Article 14. Les Citoyennes et Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique. Les Citoyennes ne peuvent y adhérer que par l’admission d’un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l’administration publique, et de déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée de l’impôt.

Article 15. La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public, de son administration.

Article 16. Toute société, dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution; la constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la Nation, n’a pas coopéré à sa rédaction.

Article 17. Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés: elles ont pour chacun un droit lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

POSTAMBULE

Femme, réveille-toi; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles? Quels sont les avantages que vous recueillis dans la révolution? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit; que vous reste t-il donc? La conviction des injustices de l’homme. La réclamation de votre patrimoine, fondée sur les sages décrets de la nature; qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise? Le bon mot du Législateur des noces de Cana? Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale, longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui n’est plus de saison, ne vous répètent : femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et nous? Tout, auriez vous à répondre. S’ils s’obstinent, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs principes; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie; déployez toute l’énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l’Etre Suprême. Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir; vous n’avez qu’à le vouloir. Passons maintenant à l’effroyable tableau de ce que vous avez été dans la société; et puisqu’il est question, en ce moment, d’une éducation nationale, voyons si nos sages Législateurs penseront sainement sur l’éducation des femmes.

Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse leur a rendu; elles ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, le fer, tout leur était soumis; elles commandaient au crime comme à la vertu. Le gouvernement français, surtout, a dépendu, pendant des siècles, de l’administration nocturne des femmes; le cabinet n’avait point de secret pour leur indiscrétion; ambassade, commandement, ministère, présidence, pontificat, cardinalat; enfin tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité et à l’ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé.

Traducció al català de la Declaració de Drets de la Dona i la Ciutadana

Preàmbul

Les mares, les filles, les germanes, representants de la nació, demanen ser constituïdes en assemblea nacional.

Considerant que la ignorància, l’oblit o el mensypreu dels drets de la dona són les úniques causes de les desgràcies públiques i de la corrupció dels governs, hem decidit exposar en una solemne Declaració els drets naturals, inalienables i sagrats de la dona a fi que aquesta declaració constantment presentada a tots els membres del cos social els recordi sempre els seus drets i els seus deures per tal que els actes del poder de les dones i els del poder dels homes, podent se comparats en cada moment amb la finalitat de tota institució pública, siguin així més respectats perquè les reclamacions de les ciutadanes, fundades des d’ara en principis simples i incontestables, col•laborin sempre en el manteniment de la constitució, dels bons costums i en la felicitat de tots.

En conseqüència, el sexe superior tant en bellesa com en coratge, en els sofriments maternals, reconeix i declara, en presència i sota els auspicis de l’Ésser Suprem, els Drets següents de la Dona i de la Ciutadana.

Articles

I. La Dona neix lliure i roman igual a l’home en drets. Les distincions socials poden estar fundades en la utilitat comuna

II. La finalitat de qualsevol associació política és la conservació dels drets naturals i imprescriptibles de la Dona i de l’Home: aquests drets són la llibertat, la propietat, la seguretat i, per sobre de tots, la resistència a l’opressió.

III. El principi de qualsevol sobirania resideix essencialment en la Nació, la qual no és res més que la reunió de la dona i l’home: cap cos, cap individu, no pot exercir l’autoritat que no emani expressament d’això per a tots: sent totes les ciutadanes i tots els ciutadans iguals davant els seus ulls, han de ser igualment admissibles en totes les dignitats, llocs i treballs públics, segons les seves capacitats i sense altres distincions que les seves virtuts i el seu talent.

IV. La llibertat i la justícia consisteixen a tornar tot el que pertany a un altre; així, l’exercici dels drets naturals de la dona no té més límits que la tirania que l’home li oposa, i aquests límits han de ser reformats per les lleis de la naturalesa i la raó.

V. Les lleis de la naturalesa i de la raó prohibeixen totes les accions perjudicials per a la societat: tot el que no està prohibit per aquestes lleis, sàvies i divines, no pot ser impedit i ningú no pot estar obligat a fer el que no ordenen.

VI. La llei ha de ser l’expressió de la voluntat general; totes les ciutadanes i tots els ciutadans han de contribuir personalment o mitjançant els seus representants a la seva formació.

VII. No s’exceptua cap dona; la dona és acusada, arrestada o detinguda en els casos determinats per la Llei. Les dones obeeixen com els homes aquesta Llei rigorosa.

VIII. La llei no ha d’establir més que penes estrictes i evidentment necessàries, i ningú no pot ser castigat més que en virtut d’una llei establerta anteriorment al seu delicte i legalment aplicada a les dones.

IX. Quan una dona ha estat declarada culpable, tot el rigor és exercit per la Llei.

X. Ningú no ha de ser fustigat per les seves opinions més fonamentals, la dona té el dret per a pujar al cadafal; ha de tenir igualment el de pujar a la tribuna, sempre que les seves manifestacions no pertorbin l’ordre públic establert per la llei.

XI. La lliure comunicació de les idees i de les opinions és un dels drets més preciosos de la dona ja que aquesta llibertat assegura la legitimitat dels pares respecte dels fills. Tota ciutadana pot, doncs, manifestar lliurement: sóc la mare d’un fill que us pertany, sense que un prejudici bàrbar l’obligui a dissimular la veritat, excepte per respondre de l’abús d’aquesta llibertat en els casos determinats per la llei.

XII. La garantia dels drets de la dona i de la ciutadana necessita una major utilitat; aquesta garantia ha de ser instituïda per a la millora de tot i no per a la utilitat particular d’aquelles a les quals se’ls ha confiat.

XIII. Per al manteniment de la força pública i per a les despeses de l’administració, les contribucions de la dona i de l’home són iguals; ella participa en totes les càrregues, en tots els treballs penosos; ha de participar, així mateix, en la distribució dels llocs de treball, càrrecs, dignitats i també en la indústria.

XIV. Les ciutadanes i els ciutadans tenen el dret de constatar per ells mateixos, o mitjançant els seus representants, la necessitat de la contribució pública. Les ciutadanes només poden adherir-s’hi admetent un repartiment igual, no solament en la fortuna, sinó a més en l’administració pública i la determinació de la quota, la base, la recaptació, la durada de l’impost.

XV. La massa de les dones, unida per la contribució amb la dels homes, té el dret a demanar comptes a tot agent públic de la seva administració.

XVI. Tota societat en què la garantia dels drets no està assegurada, ni la separació de poder determinada, no té constitució; la constitució és nul•la si la majoria dels individus que componen la nació no ha cooperat en la seva redacció.

XVII. Les propietats són per a tots dos sexes reunits o separats; tenen, per a cadascú, un dret inviolable i sagrat; ningú no en pot veure’s privat en tant que veritable patrimoni de la natura, llevat que la necessitat pública, legalment constatada, ho exigís de forma evident i amb la condició d’una justa i anterior indemnització.

Epíleg

Dona desperta’t; el repic de campanes de la raó es fa sentir en tot l’univers; reconeix els teus drets. El poderós imperi de la Natura ja no està envoltat de prejudicis, de fanatisme, de superstició i de mentides. La torxa de la veritat ha dissipat tots els núvols de la neciesa i de la usurpació.

L’home esclau ha multiplicat les seves forces, ha necessitat recórrer a les teves per trencar les seves cadenes. Una vegada lliure s’ha tornat injust amb la seva companya. Oh, dones! Dones, quan deixareu d’estar cegues? Quins són els avantatges que heu aconseguit amb la revolució? Un menyspreu més acusat, un desdeny més assenyalat. Al llarg dels segles de corrupció, solament heu regnat sobre la debilitat dels homes. El vostre imperi ha estat destruït, que us n’ha restat? La convicció de les injustícies de l’home. La reclamació del vostre patrimoni; basada en els savis decrets de la natura; qui podria sentir por per una causa tan formosa. La bona paraula del Legislador de les Noces de Canà. Tenim por que els nostres legisladors francesos, correctors d’aquesta moral, durant molt de temps penjada de les branques de la política, però que ja no està de moda, us repeteixin: dones, què tenim en comú vosaltres i nosaltres. Tot, podríem respondre. Si s’obstinessin en la seva debilitat, per col•locar aquesta inconseqüència en contradicció amb els seus principis, oposeu valerosament la força de la raó i les il•lusòries pretensions de superioritat; reuniu-vos sota els estendards de la filosofia; desplegueu tota l’energia del vostre caràcter i aviat veureu aquests orgullosos, ja no servils adoradors rampants als vostres peus, sinó orgullosos de compartir amb els vostres tresors l’Ésser Suprem. Quins siguin els entrebancs que us posin, està a les vostres mans poder enderrocar-los.

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